Année électorale

François Legault démissionne, tentant de sauver son parti en déroute

François Legault a annoncé qu’il va quitter son poste de premier ministre du Québec. Ce départ soudain semble être une manœuvre politique pour essayer de sauver son parti, en grande difficulté dans les sondages. Il laisse derrière lui un bilan marqué par des échecs coûteux pour les finances d’État et une colère palpable chez les travailleurs et les usagers des . La CAQ espère maintenant se relancer avec un nouveau visage.

Le premier ministre reste en poste jusqu’à l’élection d’un nouveau chef de parti, prévue pour mars. Il a déclaré être fier de sa “stratégie agressive pour attirer beaucoup plus d’investissements des entreprises” et affirme avoir augmenté la richesse du Québec.

La démission de Legault n’est pas sans rappeler la stratégie des Libéraux fédéraux aux dernières élections. Ceux-ci avaient misé sur l’ancien banquier central Mark Carney. Sa campagne promettait un Canada fort, capable de résister aux tarifs américains et à l’instabilité politique liée au retour de Donald Trump. Cette stratégie leur avait permis de faire une remontée spectaculaire dans les sondages.

La CAQ aimerait sans doute un rebond semblable, mais le pari est risqué. En général, lorsque les Québécois se tournent vers le nationalisme, ils choisissent plutôt le Parti Québécois. Les électeurs fédéralistes mécontents pourraient aussi se tourner vers le Parti Conservateur. La CAQ se retrouve ainsi prise en étau, en 4e place, risquant de ne plus avoir aucun député après les prochaines élections. Elle espère maintenant profiter des scandales de du Parti libéral du Québec pour limiter les dégâts.

Le passage au pouvoir de François Legault restera marqué par plusieurs investissements douteux. L’aventure Northvolt, une usine de batteries massivement subventionnée, a mené à une faillite explosive en 2025. La facture pour le public serait près d’un milliards de dollars, sans compter tous les autres échecs de la “filière batterie”.

Le fiasco du système SAAQclic a, lui aussi, coûté près d’un milliard. Legault, comme tous ses collègues, déclare qu’il ne savait rien des dépassements de coûts astronomiques. Surprenant la population du Québec, Legault a investi 100 millions de dollars publics dans l’entreprise de dirigeables Flying Whales, malgré les réserves de ses propres conseillers techniques. 

Le dossier de la santé a été un autre clou dans le cercueil du premier ministre. Le projet de loi 15, qui a centralisé le réseau sous une méga-agence, a été adopté avec le bâillon, une procédure qualifiée par beaucoup d’anti-démocratique. Les syndicats dénoncent une étouffante, éloignée des réalités du terrain.

C’est ce style de gestion qui a souvent été mis de l’avant par la CAQ. Le gouvernement a multiplié les nominations de proches et “d’amis”, avec près d’une trentaine de nominations partisanes à la fin de 2025. Le gouvernement Legault a également dépensé des centaines de millions dans des firmes conseil américaines, qui agissaient en gouvernement fantôme.

Sa gestion de la pandémie est pointée du doigt pour son autoritarisme et son opacité. Du côté de l’habitation et du logement, son gouvernement a été qualifié de « gouvernement de propriétaires », accusé de protéger les spéculateurs au détriment du droit au logement. 

Il a aussi été qualifié de “gouvernement de patrons” pour ses nombreux projets de réforme du travail. Il a limité le droit de grève, “flexibilisé” l’industrie de la construction, et il veut maintenant déstabiliser la capacité des syndicats à faire de l’action politique avec son projet de loi 3.

La colère s’est beaucoup manifestée durant le de 2023. La hausse de 30% du salaire des députés avait suscité l’incompréhension, alors que le gouvernement proposait aux travailleurs des hausses de salaires minimes suite à la crise d’. C’est à ce moment que le vent a commencé à tourner et que la CAQ a perdu pied. Aujourd’hui, les sondages sont loin d’être flatteurs pour le parti.

Le bilan de François Legault est critiqué de toute part, et la défiance populaire semble bien installée. Reste à voir si un Simon Jolin-Barette ou une Sonia Lebel pourront renverser la situation pour la CAQ… même si ça reste peu probable.

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