L’Iran s’est réveillé ce matin sous les bombes américaines et israéliennes, prétendument lancées pour aider le peuple à renverser le régime islamique. En quelques heures, les frappes auraient fait des centaines de morts civils, dont des dizaines d’enfants dans une école primaire. Israël semble prêt à mener la guerre que Netanyahu réclame depuis plus de 20 ans, sur fond de tensions liées à l’alliance de l’Iran avec la Russie et la Chine.
Au milieu de la nuit, des avions américains et israéliens ont convergé vers l’Iran pour participer à une vaste campagne de bombardements. Le ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué que tous les hauts responsables gouvernementaux sont toujours en vie. Mais Israël déclare « qu’il y a des signes » que le guide suprême iranien Ali Khamenei est mort.

À la suite de multiples frappes aériennes sur le territoire iranien, Téhéran a riposté par des tirs de missiles contre des cibles israéliennes et américaines dans la région—y compris des bases militaires américaines au Qatar, à Bahreïn, en Arabie saoudite, au Koweït et aux Émirats arabes unis. À Bahreïn, des images ont confirmé des impacts de missiles sur le quartier général de la Cinquième flotte de la marine américaine.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré que « cette opération se poursuivra sans relâche jusqu’à la défaite décisive de l’ennemi ». L’Iran a également fermé le détroit d’Ormuz, principale voie d’exportation pétrolière au monde.

Réactions
Le prétendant au trône de la monarchie iranienne déchue, Reza Pahlavi, a qualifié les frappes américaines « d’humanitaires ». « L’aide que le président des États-Unis avait promise au courageux peuple iranien est désormais arrivée, » a ajouté celui qui espère le rétablissement de la monarchie dans son pays.
Osyan, un groupe de femmes en Iran, s’insurge par communiqué que Pahlavi « vend encore de faux espoirs à un peuple que la République islamique a massacré le mois dernier. Cessez de tromper le peuple et de déformer les mots et la réalité. Vous appelez des ‘frappes’ une ‘assistance’. Vous appelez la ‘répression‘ la ‘liberté’. Vous présentez une régression réactionnaire comme une ‘révolution’. […] Nous ne vous laisserons plus détourner les luttes justes du peuple iranien et les livrer en otage à des criminels mondiaux. »
De son côté, le gouvernement canadien a confirmé son appui aux frappes américaines dans la région, précisant que « le Canada appuie les États-Unis dans leurs efforts pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire et pour éviter que son régime ne menace davantage la paix et la sécurité internationales ».

Une justification qui rappelle la guerre d’Irak
Washington et Tel-Aviv affirment avoir ciblé des sites militaro-industriels iraniens ainsi que des installations liées aux programmes nucléaire et balistique du pays. Des frappes ont aussi visé le quartier Pasteur, à Téhéran, où se trouvent des dirigeants du pays et des institutions gouvernementales clés.
Des images ont circulé montrant les conséquences d’une frappe aérienne israélienne sur une école primaire pour filles à Minab, dans la province méridionale d’Hormozgan.
Il faut rappeler que Benjamin Netanyahu a accusé le gouvernement iranien d’avoir « assassiné de sang-froid des milliers d’enfants, d’adultes et de personnes âgées », en référence aux vagues de contestation et aux troubles civils survenus dans le pays.

Les tensions ont été attisées par les États-Unis alors que des discussions avec l’Iran sur la prolifération nucléaire se tenaient à Genève. Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Albusaidi et son homologue iranien, Abbas Araghchi, avaient affirmé que les pourparlers s’étaient terminés « avec des progrès significatifs ». De leur côté, Israël et les États-Unis soutiennent que l’Iran développe des armes nucléaires, sans présenter de preuves substantielles.
C’est cet argument qu’ils utilisent pour justifier leur intervention militaire en Iran. Cela n’est pas sans rappeler les supposées « armes de destruction massives » qui avait servi à justifier l’invasion de l’Irak par les États-Unis en 2003.
Selon le collectif Osyan, le peuple iranien se trouve pris en étau. « Nous, le peuple, ne resterons pas à l’écart sur ordre de Trump et de sa clique. Nous ne nous rangerons pas non plus à l’arrière d’une prétendue ‘bataille nationale’ sur ordre de Khamenei. Nous nous organisons pour faire face aux crimes et aux plans impérialistes. Le renversement de la République islamique fait partie intégrante de notre lutte. Nos intérêts résident dans l’opposition à l’ensemble de ce système, et non dans l’alignement derrière l’un de ses pôles, qui finissent tous par se renforcer mutuellement. »


Joignez-vous à la discussion!
Les commentaires sont réservés aux abonnés. Abonnez-vous à L’Étoile du Nord pour discuter sous nos articles avec nos journalistes et les membres de la communauté. Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.