Dimanche dernier se retrouvaient plusieurs milliers d’individus et de groupes militants et communautaire dans la rue au centre-ville de Montréal, devant la statue du docteur Norman Bethune, pour souligner la journée internationale des droits des femmes. Cette année, le groupe organisateur Femmes de diverses origines a lancé l’appel à manifester sous le thème: « contre l’austérité, le fascisme, l’impérialisme et le militarisme ».
Plusieurs groupes venant de plusieurs communautés étaient présents à la manifestation tels que Anakbayan Montréal, Disinvestir 4 Palestine, International Women’s Alliance ainsi que des associations de travailleurs tels que Alliance Ouvrière, le centre des travailleurs immigrants et plusieurs syndicats.
Dans un communiqué du groupe organisateur Femmes de Diverses Origines, des liens concrets sont faits entre la lutte pour le droit des femmes et les multiples crises politiques, sociales et économiques à l’international et au Canada en 2026.
Au Canada, c’est le budget de guerre de Mark Carney et l’austérité du gouvernement québécois de la CAQ qu’on dénonce:
« Chez nous, le budget de guerre de Mark Carney et l’austérité de la CAQ accélèrent le déclin de nos services publics. Les institutions publiques de garde d’enfants, de soins de santé et d’éducation ont été obtenues grâce aux luttes des femmes de la classe ouvrière au Québec et au Canada au cours du XXe siècle. Ce sont les femmes qui subiront le plus durement la destruction de ces services. »
Les attaques de la part du Gouvernement du Québec et du Canada affectent durement la liberté de l’ensemble de la classe ouvrière. Mais ce sont souvent les femmes qui seront directement affectées par les baisses de salaire, la perte de droits et les coupures d’emplois par les coupures de postes en santé, en éducation et dans les CPE, dont les travailleuses sont majoritairement des femmes.
« Cette austérité s’accompagne d’une nouvelle vague de lois répressives et liberticides. Le gouvernement du Québec mène une offensive totale contre les syndiqué.e.s. Pendant ce temps, les gouvernements canadiens et québécois ont laissé tomber le masque et ont lancé de nouvelles attaques contre les droits des migrant.e.s »

Elles dénoncent également le projet de loi 9 du gouvernement provincial, interdisant le voile pour les professeurs de confession musulmanes sous couvert de la laïcité, ainsi que l’énorme diminution du financement du communautaire, un autre milieu de travail majoritairement féminin.
Ces vagues d’austérité visant particulièrement les institutions publiques sont en contraste direct avec le nouveau budget fédéral, qui inclut une hausse drastique des subventions aux entreprises militaires.
« Aujourd’hui, nous rendons hommage aux femmes dont le travail fait tenir notre société – dans les usines et les champs, dans les garderies et les écoles, dans les entrepôts et les serres, dans les hôpitaux et les foyers. […] Nous sommes solidaires des femmes travailleuses et opprimées de toutes les nations et nous nous engageons à lutter à leurs côtés contre notre oppression collective. »
À l’internationale, l’intensification des interventions militaires par des forces impérialistes telles que les États-Unis et leurs alliés ont également été pointés du doigt comme étant une des principales causes du recul des droits des femmes à travers le monde:
« En 2026, le capital monopolistique continue à conduire le monde au bord de la guerre. Les puissances impériales intensifient leurs interventions militaires et la répression étatique sur tous les continents. Cette nouvelle ère de fascisme et de guerres va susciter de nouvelles luttes par les femmes du monde entier et intensifier les anciennes. […] Nous exprimons notre solidarité avec les femmes et plus largement les populations d’Amérique latine et des Caraïbes, dont Haïti, Vénézuela, Cuba, ainsi que de l’Iran, qui sont menacées par une nouvelle vague d’ingérence occidentale. »

D’autres messages de solidarité avec les peuples et contre le colonialisme ont également été faits pour les femmes de la Palestine, des peuples autochtones d’Amérique, du Liban, du Yémen, de la Syrie, du Kurdistan et des Philippines dans leurs luttes pour l’auto-détermination, la souveraineté et le pouvoir populaire.
« Dans les lieux de travail, dans les tranchées et dans les rues, les femmes sont en première ligne des luttes populaires. Dans de nombreuses régions du monde, les femmes luttent contre l’assujettissement, la déshumanisation, les sanctions et le poids de dettes odieuses qui les maintiennent dans des positions économiques de subordination et de dépendance. […] Que 2026 soit une année d’organisation, de solidarité et de résistance!


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