Occupation au Cégep de Saint-Laurent

Des étudiants en grève contre le sous-financement, les suppressions d’emplois

Ce matin, plus d’une centaine d’étudiants du Cégep de Saint-Laurent ont occupé le pavillon principal de l’établissement après que la direction est revenue sur un accord initial conclu lors des négociations. Cette action s’est déroulée lors de la première journée d’une semaine de grève visant à protester contre les mesures d’austérité

Le matin du 23 mars, les étudiants ont manifesté devant le cégep. Des dizaines d’entre eux sont arrivés dès 5 h 30 du matin pour commencer à bloquer l’accès à l’entrée de l’établissement, empêchant ainsi les administrateurs, les employés, les autres étudiants et même le directeur général de l’établissement d’y pénétrer. 

Les étudiants ont créé une barrière improvisée pour empêcher les voitures d’accéder au stationnement en utilisant les clôtures temporaires entourant l’établissement, qui sont devenues emblématiques de l’état de délabrement du cégep. 

Les relations avec la direction étaient tendues lors des négociations qui ont précédé la semaine de grève.  La poursuite des stages pendant la grève et l’accès aux espaces communs de l’établissement, conditions normalement autorisées, ont été refusés par la direction. 

L’AECSL, l’association étudiante du cégep, a fait preuve de bonne volonté, proposant notamment l’accès aux garderies situées sur le campus et aux cours de français dispensés au public en échange de ces conditions, mais l’administration a refusé.

Vers midi, un accord initial a été accepté par les étudiants, qui leur aurait permis de réintégrer l’établissement et d’assurer la reprise des stages pour la journée, la grève devant reprendre le lendemain. L’administration a également promis de fournir des documents que les étudiants pourraient examiner.  

Félix Perazzo-Pinkstone, membre du comité externe de l’AECSL, a expliqué à L’Étoile du North l’escalade qui a conduit à la décision d’occuper l’établissement, après que l’administration eut rompu l’accord initial: 

« La direction a non seulement refusé nos demandes d’origine, elle est retournée sur sa première proposition d’entente et nous a essentiellement offert rien du tout. Ça a envoyé un courant à travers la population étudiante qui se sentait mal respectée et qui trouvait ça malhonnête de la part de l’admin, donc elle a organiquement décidé d’aller plus loin et de rentrer dans l’école contre l’indication de l’admin. »

L’AECSL a formulé une série de revendications spécifiques et générales visant à répondre aux problèmes concrets rencontrés au cégep ainsi qu’à la tendance générale au sous-financement et à l’ imposée par le gouvernement de la CAQ

Leurs revendications comprennent la création de postes permanents pour les travailleurs de soutien dont l’emploi est menacé, le rétablissement des stages pendant la grève, la désignation d’un espace fixe pour l’infirmière de l’établissement, l’accès aux salles d’étude de la bibliothèque, et que le Cégep prenne fermement position contre l’austérité. 

Charlotte Ferland, étudiante en première année d’arts, a déclaré à L’Étoile du Nord que les conditions déplorables de l’établissement l’avaient motivée à rejoindre le piquet de grève, tout comme le sous-financement chronique du système éducatif provincial:

« Je suis ici parce qu’il y a des animaux dans le cégep. Il y a des crottes de souris tout ça. Au début, je savais pas si je voulais venir. Puis on est allés pour luncher. Il y avait une crotte de souris devant moi. Je me suis dit que c’était assez. »

« Au primaire, au secondaire et maintenant au cégep, pendant toutes mes années d’, j’ai passé dans des annexes parce que les bâtiments n’étaient pas entretenus. Au première c’est parce qu’il y avait de l’amiante dans les murs. Alors j’ai passé genre trois ans dans des roulottes. Au secondaire, c’est mon secondaire au complet qui était passé dans certains locaux d’une polyvalente parce que l’école avait fermé en 2017 parce qu’il y avait des champignons. D’ailleurs cette école-là n’est toujours pas détruite. Les rénovations n’ont pas recommencé. »

Les étudiants prévoyaient de poursuivre l’occupation pendant la nuit et de reprendre la grève le lendemain matin jusqu’à la fin de leur mandat ou jusqu’à la conclusion d’un accord avec l’administration. Au moment de la publication, les étudiants et le journaliste de l’Étoile du Nord présent sur place ont été expulsés avec force par la police. L’Étoile du Nord publiera de nouvelles informations dès qu’elles seront disponibles. 

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