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Fermeture de la mine Matagami

Une ville qui veut vivre

Temps de lecture:2 Minute

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Chaque fois qu'un grand employeur ferme dans une petite ville, c'est la même histoire. La fermeture de la mine Matagami de Glencore, le 30 juin 2022, n'a pas fait exception : déclin de la population, perte de possibilités économiques et communauté bousculée par une grande entreprise.

L'Étoile du Nord a rencontré Jean-Luc et Nicole, deux travailleurs de Matagami, pour en savoir plus. "On voit des pancarte "maison à vendre" partout, c'est pas super rassurant", reconnaît Jean-Luc. "Il y en a des villes qui ont fermé. On ne veut vraiment pas ça ici". Nicole ajoute : "Il y avait de la vie avant, [il y a 20 ou 30 ans], mais, tranquillement, les gens partent".

Ce n'est pas la première fois (et ce ne sera peut-être pas la dernière) qu'une mine ferme à Matagami: il y en a eu 12 différentes depuis 1963, la plupart appartenant à Falconbridge ou Glencore. À chaque fois, c'est un combat pour la petite communauté afin de réussir à ravoir un moteur économique.

Nicole ajoute qu'au fil du temps, avec les fermetures successives de mines, "j'ai pleins d'amis qui sont partis étudier en dehors et ils ne sont pas revenu. En ville avant y'avait un La Baie, y'avait Chez Léo, y'avait un magasin de linge, pas mal de restaurants... Maintenant il n'y a plus rien de ça."

Crédit: Ville de Matagami

Il ne reste plus qu'un motel à Matagami. Le dernier à avoir fermé contenait un restaurant. "En plus une semaine après, la propriétaire de l'autre restaurant décède," s'exclame Jean-Luc. "Y'a plus beaucoup de lieux de rencontre. Le bar, il marchait un petit peu, mais pas beaucoup pareil. Avec la COVID, ça a pas vraiment aidé."

Le portrait démographique est inquiétant. Si elle avait environ 3800 habitants à la fin des années 1980, elle n'en compte maintenant plus que 1350. À en croire Nicole, "c'est sûr qu'à un moment donné, on va le ressentir que les jeunes s'en vont. C'est eux qui devraient logiquement prendre la relève dans les affaires!"

Chaque série de fermetures et de réouvertures a considérablement réduit la population, et les bénéfices des mines de Matagami ayant été extraits et retirés de la ville et de la région par une succession de firmes mondiales, la ville s'est retrouvée avec peu de ressources pour son propre développement.

Au moins, Nicole explique qu'elle n'est pas "trop inquiète pour la ville. D'après moi, ça se peut quasiment pas qu'il y ait plus de mine par ici. C'est LA ville où y'a des mines." La municipalité travaillerait actuellement sur de nouveaux projets, mais la situation ne changera pas: une corporation privée aura toujours un pouvoir de vie ou de mort de cette petite ville.

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