Conflit à Saint-Félix-de-Valois

Une petite ville met en danger sa population en congédiant ses pompiers

Dans la petite ville de Saint-Félix-de-Valois, des pompiers se font suspendre et congédier les uns après les autres. Depuis deux semaines, la mairie multiplie les sanctions contre les travailleurs du service d’incendie, alors que ces derniers répliquent que la sécurité des habitants est en jeu.

Cela faisait déjà un moment que les relations étaient tendues entre la municipalité de Lanaudière et ses pompiers volontaires et à temps partiels, syndiqués avec le SCFP. Mais le conflit a explosé entre le 28 novembre et le 9 décembre. 

Selon le SCFP, tout part d’une décision « lourde de conséquences » de l’administration de la mairesse Audrey Boisjoly. Le 28 novembre, elle a suspendu les trois premiers pompiers et un lieutenant, pour des raisons que le syndicat juge futiles et abusives.

Avec quatre pompiers en moins, il ne restait que quatre autres pompiers. La mairie a donc été forcée de dépenser des milliers de dollars en heures supplémentaires et de sous-traiter un autre service d’incendie pour avoir le minimum de protection requise.

« Il aurait été beaucoup moins coûteux et, surtout, moins dangereux de maintenir en emploi les pompiers visés par ces mesures », a dénoncé le conseiller syndical Maxime Valade.

Pour trouver des solutions à ce climat malsain, le syndicat avait demandé au ministère du Travail de faire un processus de médiation entre les pompiers et la ville. Mais ce processus a été annulé par la mairie avant son début.

Devant l’inquiétude de la population, le conseil municipal a été forcé de convoquer une séance extraordinaire le 2 décembre. Évidemment, les pompiers ont saisi l’occasion d’aller questionner les élus sur le climat de travail et leur refus de collaborer. C’est alors que le couperet est tombé.

En plein conseil municipal, les élus ont annoncé aux travailleurs du service d’incendie que deux de leurs collègues suspendus étaient renvoyés. Ces congédiements ont eu lieu sans respecter les règles en place, et sans fournir de motif. Les pompiers ont ensuite terminé la soirée avec une manifestation pour demander la réintégration de leurs collègues.

Quelques jours plus tard, de nouvelles sanctions tombent. Deux autres pompiers, dont le président du syndicat, sont suspendus sans solde pour sept jours. Le décompte final: deux pompiers renvoyés, quatre autres suspendus—sur un total de huit pompiers. Il ne reste donc que deux pompiers en fonction.

Le syndicat dit que les faits utilisés comme raisons de la nouvelle suspension se sont produits en présence de la direction, et qu’elle n’a rien dit. La mairesse Boisjoly a effectivement reconnu que le directeur adjoint du service était présent lors des faits allégués.

Valade n’en revient pas: « Les pompiers s’attendent à ce que leurs officiers supérieurs prennent tous les moyens pour protéger leur santé et leur sécurité, pas à être sévèrement sanctionnés après coup! S’il y avait vraiment un enjeu de santé-sécurité en cause au moment des faits, c’était la responsabilité du directeur adjoint d’agir et de prévenir. »

Le syndicat affirme qu’il déposera des recours juridiques et demande aux élus d’intervenir. Pendant ce temps, la mairie continue de dépenser des sommes considérables pour maintenir un niveau minimal de sécurité incendie. Cette situation soulève des inquiétudes quant aux risques pour la population, alors que le conflit s’enlise.

Joignez-vous à la discussion!