Une centaine de personnes se sont rassemblées samedi après-midi au centre-ville de Montréal pour dénoncer le coup d’État américain au Venezuela. Plus tôt dans la matinée, les forces spéciales américaines ont kidnappé le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse, Cilia Flores.
Quelques heures après avoir appris la nouvelle, des militants se sont mobilisés pour se rassembler devant le consulat américain, rue Sainte-Catherine. Les manifestants brandissaient des drapeaux vénézuéliens, colombiens et palestiniens, entre autres, ainsi que des pancartes dénonçant l’impérialisme et la guerre.
Pour les manifestants avec lesquels L’Étoile du Nord s’est entretenu, le coup d’État américain au Venezuela suit un schéma familier et bien établi.
« On l’a déjà vu faire des coups pareils, beaucoup en Amérique latine, kidnapper des présidents, des premiers ministres. On peut penser au Panama, par exemple, et autres exemples », explique Romera, dont les slogans énergiques ont animé l’événement.
En 1989, les États-Unis ont envahi le Panama pour renverser Manuel Noriega. Des milliers de personnes ont été tuées lors de cette invasion, qui a été condamnée par les Nations unies comme une violation flagrante du droit international.

« Donc moi, je suis de l’Amérique latine et on a vu que les États-Unis ont déjà fait un coup d’État dans notre pays, au Chili. Ils font souvent des choses comme ça, en Amérique latine, des coups d’État. Ils volent nos ressources, ils mettent des marionnettes, et après ça, ils s’enrichissent », explique Sandra Cordero, militante du groupe Alliance Ouvrière.
Il s’ensuivit le règne du général Augusto Pinochet, soutenu par les États-Unis, marqué par de brutales violations des droits de la personne et une répression politique sous forme de torture, de meurtres et d’exil des dissidents.
Cordero ajoute: « Ce n’est pas nouveau. Ça fait longtemps qu’on est pris. Le fascisme monte. Mais c’est ça, c’est parce qu’ils mettent aussi des marionnettes qui sont de l’extrême droite, évidemment, les États-Unis, au Pérou, à différents pays. Et oui, ils vont venir saccager nos ressources principales et puis ils vont s’enrichir de ça. »
Romera voit également un lien entre les actions actuelles des États-Unis au Venezuela et leur rôle dans la guerre menée par Israël contre la Palestine et au-delà.
« [Le coup d’État se fait dans une continuité aussi de ce qui se fait dans l’autre partie du monde, en Palestine, occupée à Gaza, où l’occupation israélienne est nourrie de manière très directe par l’intervention états-unienne et de l’Occident aussi. Et on a vu les mêmes armes utilisées un peu partout dans le monde, les armes états-uniennes, qui sont responsables de la mort, de l’assassinat, du kidnapping et de toutes sortes de crimes de guerre de milliers et de millions de personnes dans le monde. »

Elle exhorte la société québécoise à s’exprimer et à se joindre à la lutte contre la domination américaine.
« L’économie états-unienne […] repose sur des bases militaires, elle repose sur des liens directs, notamment avec des pays comme le Canada, où la classe ouvrière est aussi opprimée, où les immigrants sont opprimés, et cetera. Donc, ce qu’on peut faire ici, c’est faire pression sur notre propre gouvernement, contre la montée du fascisme, contre les conventions et les traités avec les États-Unis qui ne servent en tout cas pas », a-t-elle déclaré à L’Étoile du Nord.
« Ils servent certainement, certains et certaines Québécoises et Québécois, celles et ceux qui sont dans des positions de privilégiés, mais ils ne servent pas la majorité qui, on l’espère, ne sera pas silencieuse. »
Une autre manifestation aura lieu au consulat dimanche après-midi à 14h.
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