Semaine internationale d’action pour Ahmad Sa’adat

Des militants de C.B. réclament la libération de 10 000 prisonniers palestiniens

Le 17 janvier, des militants de , en Colombie-Britannique, ont mené une action pour exiger la libération de plus de 10 000 palestiniens détenus dans les prisons israéliennes. Les organisateurs ont particulièrement mis de l’avant le cas d’Ahmad Sa’adat, figure bien connue dans les territoires palestiniens, dans le cadre d’une semaine internationale d’actions en solidarité avec le dirigeant emprisonné du Front populaire de libération de la (FPLP).

Des bannières déployées sur le côté d’un important viaduc du centre-ville de Vancouver étaient visibles par les automobilistes, les piétons et les usagers du réseau SkyTrain, qui transporte plus de 300 000 personnes chaque jour. Au niveau de la rue, des militants distribuaient des tracts et diffusaient des prises de parole au mégaphone afin d’informer les passants des conditions imposées par le système carcéral israélien, qui mettent la vie d’Ahmad Sa’adat et de nombreux autres prisonniers palestiniens en danger de mort.

L’Étoile du Nord s’est entretenu avec plusieurs participants, qui ont expliqué pourquoi ils et elles avaient consacré plusieurs heures de leur samedi à cette action organisée par le Comité des prisonniers Basil Al-Araj de l’Association Canada-Palestine. 

Stephanie, thérapeute et conseillère pour enfants aujourd’hui à la retraite, explique: « Je suis ici parce qu’on ne peut pas détourner le regard de la Palestine, avec tout ce qui se passe dans le monde en ce moment. Tout se cristallise dans ce qui se passe en Palestine. »

Elle souligne que les prisonniers politiques palestiniens jouent un rôle central dans la direction de la résistance nationale palestinienne. Elle ajoute qu’en tant que personne vivant au Canada, opposée à l’impérialisme et solidaire de la résistance palestinienne, il est essentiel pour elle de prendre part à la campagne pour leur libération. 

« Il faut les libérer. Il faut les faire sortir »

Un autre participant, Oscar, affirme: « Je suis ici pour Ahmad Sa’adat. C’est le plus haut responsable palestinien élu détenu dans les prisons sionistes, et ça fait 24 ans qu’il est emprisonné. » Oscar rappelle que Sa’adat a été enlevé par l’Autorité palestinienne en 2002, sous de faux prétextes, puis détenu jusqu’en 2006 dans une prison de Cisjordanie placée sous la supervision de responsables canadiens, britanniques et américains. 

L’oligarchie canadienne continue de soutenir l’Autorité palestinienne, qui réprime en Cisjordanie les forces d’opposition populaire hostiles à l’influence des États-Unis, de l’Europe et de leurs alliés. L’Autorité palestinienne possède un long historique de collaboration avec l’Occident et , et se maintient au pouvoir depuis les Accords d’Oslo du milieu des années 1990. L’une des conséquences indirectes de cette situation est toutefois le nettoyage ethnique perpétré aujourd’hui par des groupes paramilitaires israéliens, en raison de l’absence d’une force de résistance suffisamment forte. 

Ahmad Sa’adat figure en tête de la liste des dirigeants prioritaires à libérer établie par le Hamas lors des récents échanges de prisonniers négociés. Interrogé sur l’importance de Sa’adat, Oscar explique que lui et d’autres grandes figures nationales sont redoutés par les Israéliens et les sionistes pour la même raison qu’ils sont populaires auprès des Palestiniens: « Il représente son peuple. » À l’image de Sa’adat, révolutionnaire , Abdullah Barghouti et Marwan Barghouti (d’autres dirigeants nationalistes révolutionnaires) bénéficient eux aussi d’un large appui populaire.

La semaine annuelle d’actions, qui se déroule du 15 au 25 janvier, est coordonnée à l’échelle internationale par le Samidoun Political Prisoner Solidarity Network. Cette organisation de défense des prisonniers, désignée comme « entité terroriste » dans un geste sans précédent du Canada et des États-Unis en octobre 2024, souligne que l’édition 2026 de la semaine d’action revêt un caractère particulièrement urgent. 

Depuis octobre 2023, le système carcéral israélien prive délibérément les prisonniers palestiniens de soins médicaux et de nourriture, tout en laissant se propager des maladies comme la gale. En conséquence de ces pratiques inhumaines, combinées aux passages à tabac fréquents et à la torture, au moins 87 prisonniers politiques ont trouvé la mort. Les familles sont souvent contraintes de faire leur deuil devant des tombes vides, les autorités carcérales conservant les corps au lieu de les remettre pour l’inhumation.

Qu’est-ce que le FPLP ?

Fondé en 1967, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) est l’un des plus anciens et des plus influents partis politiques palestiniens de gauche. Actif dans le mouvement étudiant, les syndicats et les médias, il défend la résistance à l’occupation israélienne et le socialisme, une orientation marquée dès ses débuts par l’écrivain et théoricien Ghassan Kanafani. Le FPLP rejette les Accords d’Oslo et soutient fermement le droit au retour des réfugiés palestiniens, une position qui lui a valu un appui important dans les camps de réfugiés de la région. Le FPLP soutient que la lutte palestinienne s’inscrit dans un combat plus large contre l’impérialisme et les élites dirigeantes régionales.

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