Environ 500 travailleurs de la Société de l’aide à l’enfance de Toronto pourraient déclencher une grève dès demain. Cette situation survient après que 82% des membres ont voté massivement en faveur d’un mandat de grève légale, dénonçant le manque de personnel, des services fragilisés et une surcharge de travail chronique menant à l’épuisement.
La Société de l’aide à l’enfance (SAE) de Toronto a pour mission d’offrir des services de protection de la jeunesse et d’enquêter sur les cas de maltraitance ou de négligence envers des enfants. Mais après des années de sous-financement provincial, ses ressources sont de plus en plus sous pression. C’est dans ce contexte que, le lundi 26 janvier 2026, la section locale 2316 du SCFP a déposé un avis de « no board », déclenchant le compte à rebours menant à une position de grève légale le 13 février 2026.
« Les travailleuses et travailleurs sont à bout, les services sont coupés au maximum, et l’employeur refuse toujours de s’attaquer à la crise de personnel », a déclaré le président syndical Aubrey Gonsalves dans un communiqué publié sur le site du SCFP 2316. « C’est rendu insoutenable, et ce n’est plus sécuritaire ni pour le personnel, ni pour les enfants, les jeunes et les familles qu’on accompagne. » Selon le syndicat, les compressions dans les programmes internes et préventifs réduisent la protection et la sécurité des enfants qui dépendent de ces services.
Le syndicat tient à la fois la SAE et le gouvernement provincial responsables de la crise actuelle. La SAE aurait continué d’abolir des postes et d’imposer des conditions de travail difficiles, tout en échouant à obtenir davantage de financement provincial pour les services à l’enfance.
La loi sur le bien-être de l’enfance adoptée en 1954, ainsi que ses règlements et modifications subséquentes, ont amorcé la transition de la SAE d’un organisme de charité financé de façon privée vers un système où le financement gouvernemental est devenu la principale source de revenus. Depuis, les décisions politiques influencent directement la capacité d’embauche et les priorités des programmes, ce qui accentue les risques et la pression sur les opérations.
La Société de l’aide à l’enfance n’est pas le seul service social à avoir subi des compressions au cours des dernières années. Le gouvernement ontarien a imposé des mesures d’austérité dans plusieurs secteurs publics, dont la santé et l’éducation, et d’autres coupes sont prévues en 2026. Si la SAE ne retourne pas à la table de négociation avec des solutions concrètes, près de 500 travailleuses et travailleurs pourraient déclencher une grève légale dès demain.


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