Élections municipales en C.-B.

Une campagne pour la Palestine fait pression sur les candidats municipaux

Partout dans la région métropolitaine de Vancouver, des militants pro-palestiniens exercent une pression coordonnée sur les candidats aux municipales qui auront lieu à la mi-octobre. Les militants offrent aux candidats l’occasion de montrer s’ils s’opposent au génocide du peuple palestinien. Ils leur demandent également de s’opposer aux tentatives des lobbys visant à présenter la résistance à l’invasion israélienne comme de l’antisémitisme.

La campagne Vote Palestine a été lancée par l’Association des étudiants palestiniens en collaboration avec Apartheid-Free Communities (AFC), une coalition de collectivités « qui s’engagent à travailler ensemble pour mettre fin à l’apartheid israélien ». Elle comprend des revendications visant à condamner officiellement le génocide à Gaza et à adopter des mesures pour rompre tous les liens avec les institutions israéliennes directement impliquées dans le génocide, l’apartheid et les colonies illégales.

« C’est une question de droits de la personne. Et notre administration municipale devrait prendre position en faveur des droits de la personne », affirme Larry Johnston, un organisateur de la campagne « Vote Palestine » à Surrey.

« Vote Palestine est un projet communautaire sur lequel des groupes de solidarité travaillent ensemble pour s’assurer que la Palestine ne soit pas ignorée lors des prochaines  », explique Dayla Hart, qui milite pour la campagne à Vancouver.

La campagne a débuté plusieurs mois avant que le NPD de la Colombie-Britannique ne déclenche des anticipées, prévues pour le 24 octobre, soit exactement une semaine après la fin des élections municipales du 17 octobre. Vote Palestine s’est étendue à six villes de la région, dont Vancouver, Surrey, Delta, White Rock, Maple Ridge et Nanaimo. Elle bénéficie de l’appui de 50 organisations opposées à l’apartheid.

Contre l’instrumentalisation de l’antisémitisme

Cette campagne se déroule à un moment particulier pour le militantisme contre le génocide. En effet, le 24 septembre, Sécurité publique Canada a publié un rapport classant l’anti-sionisme comme de l’anti-sémitisme, suivant une définition élaborée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (AIMH).

L’Association Canada-Palestine affirme que la définition de l’antisémitisme de l’AIMH tente de « légitimer Israël et de calomnier tous ceux qui dénoncent ses activités illégales et inhumaines ». Alors que le a manifesté son soutien à cette position, l’ACP appelle les candidats aux élections municipales à la dénoncer. Le conseil municipal de Vancouver l’a adoptée en novembre 2022.

Le groupe Voix juives indépendantes Canada (VJIC) a publié le 29 septembre une déclaration dénonçant l’intégration par le gouvernement canadien de l’anti-sionisme dans la définition de l’anti-sémitisme. Selon la définition de VJIC, l’anti-sionisme est « le rejet du colonialisme de peuplement juif en Palestine et la conviction que les Palestiniens méritent la dignité et la sécurité comme tous les autres peuples ».

« Il est crucial que nous ne laissions pas le Canada redéfinir l’anti-sémitisme pour faire taire les voix qui s’élèvent contre le sionisme et les atrocités continues commises sous sa bannière idéologique », souligne le communiqué.

Vote Palestine exige des candidats qu’ils reconnaissent plutôt le cadre de l’Arab Canadian Lawyers Association (ACLA) concernant le racisme anti-palestinien. Les militants estiment que l’adoption du cadre de l’ACLA « renversera automatiquement » la définition de l’antisémitisme de l’IHRA.

Ne pas appuyer de candidats, mais informer les électeurs

Par du porte-à-porte, Vote Palestine vise à informer les électeurs de la position de chaque candidat concernant le génocide et à les convaincre de ne voter que pour les candidats qui adoptent la plateforme de la campagne, a expliqué Dayla Hart au North Star.

« Nous n’appuyons [aucun candidat] », a déclaré Ethan, une organisatrice de Vote Palestine qui a demandé que son nom de famille ne soit pas divulgué. Hart ajoute que « Nous estimons que les électeurs ont le droit de savoir quels candidats sont prêts à s’engager envers ce programme en quatre points et lesquels ne le sont pas. » Les quatre points sont :

  • Condamner le génocide
  • Signer l’engagement « Apartheid-Free Communities »
  • Rompre les liens avec les institutions israéliennes, y compris en révisant les contrats municipaux
  • Reconnaître le cadre de l’Association des avocats arabes du Canada (ACLA) concernant le racisme anti-palestinien

Au 1er octobre, à Surrey, seuls quelques candidats indépendants avaient officiellement apposé leur signature sur l’engagement. À Vancouver, en revanche, 23 candidats ont annoncé leur engagement total envers l’engagement de l’AFC.

À Surrey, certains candidats sont plus disposés à signer l’engagement de l’AFC à titre d’électeurs qu’à l’intégrer à leur programme électoral ou à s’exprimer ouvertement à ce sujet.

En août 2025, la ville de Burnaby est devenue la première municipalité au Canada à se déclarer « communauté sans apartheid » en signant l’engagement visant à lutter contre le racisme anti-palestinien et à réclamer un embargo bidirectionniel sur les armes à l’égard d’Israël. Depuis lors, deux autres villes de la Colombie-Britannique, Powell River et Duncan, se sont jointes à cet engagement.

« Nous voulons que Vancouver, Surrey, Delta, White Rock, Maple Ridge et Nanaimo se joignent également à nous », déclare Larry Johnston. « Cela incitera davantage d’autres villes à faire de même. »

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