Réforme de l’éducation de Doug Ford

Des ressources pour les enseignants ontariens promeuvent le sionisme 

Depuis le début de l’année scolaire, des images circulent en ligne et parmi les enseignants, montrant du contenu destiné aux cours d’ civique de 10e année qui provient d’une plateforme d’apprentissage en ligne récemment acquise par le ministère de l’Éducation. y est décrit comme garant des civils et des libertés, alors même que ce pays continue de mener un génocide en Palestine.

Cet automne, une ressource en ligne récemment acquise a été mise en service par le ministère de l’Éducation dans tous les conseils scolaires de l’Ontario. Edwin, une plateforme d’apprentissage numérique conçue par la société privée Nelson Education (qui appartient en partie à sa filiale américaine Cengage Learning), a été achetée par le gouvernement provincial pour 60 millions de dollars. Elle a été présentée aux enseignants à l’automne. 

Dans un contexte de compressions budgétaires touchant les programmes et les postes d’enseignants, ainsi que de la suppression des plafonds d’effectifs qui a entraîné une augmentation de la taille des classes dans les écoles, Edwin a été décrit par le Conseil scolaire du district de (Toronto District School Board ou TDSB) comme une solution visant à « fournir des ressources d’alignement curriculaire qui soutiennent le cycle d’enseignement et d’apprentissage ».

L’année dernière, la mise en place de plateformes d’apprentissage numériques a été annoncée parallèlement à de multiples changements au sein des conseils scolaires de l’Ontario, notamment de nouvelles politiques d’évaluation standardisées, des examens finaux obligatoires et des notes fondées uniquement sur la présence en classe. La plateforme numérisée prétend « faciliter la mise en œuvre d’un programme d’études cohérent par les enseignants », en fournissant des plans de cours et des ressources clés-en-main qui répondent aux normes de l’Ontario.

Certains documents du programme d’études, en particulier ceux qui font référence à Israël, suscitent cependant des inquiétudes chez les éducateurs, les parents et les élèves. C’est notamment le cas du contenu des cours de 10e année. Les cours d’histoire ont, par exemple, été mis à jour pour inclure une critique des « idéologies politiques et sociales extrêmes », qui met sur le même plan le socialisme et le fascisme.

Une image en particulier a retenu l’attention et suscité des inquiétudes : il s’agit d’un diagramme de Venn comparant les systèmes démocratiques d’Israël et du Canada (illustré ci-dessus). Elle indique que les deux États partagent « des droits civils et des libertés garantis, notamment la liberté d’expression, de presse, de rassemblement et de religion ».

Israël a pourtant tué plus de journalistes que n’importe quelle autre nation dans l’histoire. Il ne s’agit bien sûr que d’un des nombreux crimes contre l’humanité commis par Israël, parmi lesquels le ciblage délibéré d’enfants et la destruction massive d’infrastructures civiles. 

Le contenu publié dans Edwin n’est malheureusement pas un cas isolé ni le résultat d’une seule source problématique. D’autres ressources, notamment des agendas destinés aux élèves du primaire, ont également été transmises à L’Étoile du nord par des enseignants anonymes du Conseil scolaire du district de Toronto. Bien que le Canada ne reconnaisse pas officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël (seuls sept pays dans le monde le font), les agendas remis à chaque élève du primaire en Ontario mentionnent Jérusalem comme capitale d’Israël.

L’influence sioniste en éducation

Bien qu’alarmants, ces développements ne sont pas surprenants compte tenu du lobbying actif et de l’influence exercées auprès du Conseil scolaire par des lobbys pro-israéliens tels que le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA en anglais), les Friends of Simon Wiesenthal Centre (FSWC) et le B’nai Brith. En 2024, le ministère de l’Éducation a alloué plus de 55 000 $ au CIJA et au FSWC pour mener des activités de sensibilisation à l’anti-sémitisme.

Ces organisations entretiennent des liens directs avec Israël et ont participé à la surveillance et à la de l’anti-sionisme et des voix pro-palestiniennes au sein des systèmes scolaires. En décembre 2023, deux employés du FSWC ont déclaré à Radio-Canada qu’ils avaient reçu pour instruction de leur employeur de « signaler à l’organisation les élèves qui faisaient des commentaires critiques à l’égard d’Israël ».

Le Canada joue un rôle significatif dans le génocide en cours en Palestine et dans les crimes destructeurs qu’Israël continue de commettre dans toute la région. Des armes fabriquées dans des usines canadiennes sont expédiées à l’armée israélienne (IDF). Le Canada a aussi des traités de libre-échange avec Israël et fournit de l’aide militaire à cet État.

Dans ce contexte, la présence de désinformation pro-israélienne dans les programmes scolaires n’est peut-être pas surprenante. Néanmoins, les nouveaux documents fournis aux enseignants de l’Ontario qui suscitent des inquiétudes en ligne constituent une étape supplémentaire dans le projet visant à ancrer une vision du monde pro-israélienne et anti-palestinienne chez les Canadiens.

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