Les employés de Nico Wynd Estates, à Surrey, se sont mis en grève pour la première fois depuis des décennies suite aux abus de leur direction. Les employés du club de golf et du restaurant sont en grève depuis plus de deux semaines, mais l’employeur refuse de répondre à leurs demandes. « La plupart des membres du conseil d’administration étaient en train de jouer au golf pendant cette période de conflit et de tension », a indiqué un employé.
Une trentaine d’employés syndiqués de la section locale 2 de l’Union Internationale des Employés des Services tiennent actuellement un piquet de grève à Nico Wynd Estates. La grève a débuté le 1er octobre avec un barbecue organisé par le syndicat.
Que ce soit pour le personnel chargé du grill au restaurant ou pour les jardiniers qui assurent la propreté du complexe, le problème principal se trouve dans l’attitude de la direction, laquelle se soucie peu de la sécurité des travailleurs, du versement ponctuel des salaires ou de l’avis des employés qui comptent des décennies d’expérience dans leur poste.
« Ça a été une attaque en règle contre l’ancienneté dès le départ », a déclaré Mike Graveling, délégué syndical et préposé à l’entretien des terrains, à L’Étoile du nord. Il travaille chez Nico Wynd, qu’il considère comme son chez-soi, depuis plus de 20 ans.
À la défense des droits de rappel
L’employeur souhaite supprimer le droit de rappel, mettant ainsi en péril les travailleurs saisonniers et ceux du restaurant. Le droit de rappel garantit que les employés mis à pied seront les premiers à être rappelés pour leur poste lorsque celui-ci sera rouvert. Cela procure une certaine sécurité d’emploi à ces travailleurs.
« S’ils supprimaient [le droit de rappel], ils mettraient quelqu’un à pied — comme moi qui suis là depuis 20 ans — et ne le réembaucheraient pas », a expliqué Graveling. Il ajoute qu’il « a une femme, un enfant et une hypothèque à rembourser ».
L’absence de droits de rappel dans les futures conventions collectives signifie que la direction pourrait se tourner vers du personnel moins bien rémunéré et moins expérimenté, voire recourir à de la main-d’œuvre contractuelle pour remplacer ses travailleurs syndiqués.
« Si tu ne comptes pour rien et que tu es remplaçable, on ne te forme pas correctement. Tu es simplement remplacé par la prochaine personne sur la liste. Ça leur convient, parce que ça leur permet de garder un contrôle très ferme. Les gens ont peur de perdre leur emploi, car ils ne veulent pas disparaître des horaires », a fait remarquer Graveling.

Un environnement de travail abusif
« Ça fait cinq ans de mensonges, de tromperies et de dissimulation de la vérité », a déclaré Graveling. Il ajoute que la plupart des résidents de Nico Wynd sont « tenus dans l’ignorance » quant à la corruption de l’équipe de direction.
En 2024, le président de Nico Wynd de l’époque, Phil Nameth, a été reconnu coupable d’avoir harcelé et intimidé une travailleuse syndiquée après qu’elle eut refusé de suivre sa demande de ne pas parler à la police d’une altercation qu’il avait eue avec un copropriétaire du club de golf. Nico Wynd a été condamné à verser 27 500 $ en dommages-intérêts à la travailleuse.
Cindy Charles, la directrice générale, a été reconnue complice des agissements d’Edwards pour avoir refusé d’ouvrir une enquête en bonne et due forme et ignoré le signalement de harcèlement de la travailleuse. Le harcèlement et l’intimidation au travail comptent parmi les principales doléances exprimées sur le piquet de grève.
Les travailleurs accusent également Charles d’abus et de négligence à l’égard des droits des travailleurs. Mike Graveling donne l’exemple d’un collègue blessé. « Ce qui l’a blessé n’a même pas encore été réparé. On a en quelque sorte insisté auprès du patron pour qu’il s’en occupe, mais ça a tout simplement été ignoré.

Le respect a disparu en changeant de direction
« Nous avions toujours bien négocié et bien communiqué », nous a confié Graveling. Selon lui, le syndicat entretenait de bonnes relations de travail avec l’ancienne direction. Nico Wynd est géré par un conseil composé de résidents élus, qui engagent un directeur général et un surintendant pour s’occuper des installations.
Mike rapporte que la plupart des problèmes soulevés ont commencé lorsque la nouvelle directrice générale, Cindy Charles, a pris les rênes il y a cinq ans. Graveling la décrit comme « antisyndicale ».
« Le conseil a tout changé d’un seul coup [et] a saisi l’occasion pour tenter d’arracher le contrôle total à tout le monde », a fait remarquer le délégué syndical. Il indique également que le conseil a réduit les heures de travail des employés qui « n’étaient pas d’accord, ou qui n’avaient pas le bon look ou la bonne personnalité ».
Le préposé à l’entretien des terrains se sentait autrefois comme un membre apprécié de l’équipe lorsque Nico Wynd l’envoyait suivre des formations et des cours. Avec la nouvelle équipe de direction, Graveling affirme avoir été privé de son droit à l’ancienneté et au respect. « Je vois des choses qui doivent être faites et on ne me donne pas le temps de les faire parce que je ne suis pas le patron et que je ne suis pas respecté. »


Joignez-vous à la discussion!
Les commentaires sont réservés aux abonnés. Abonnez-vous à L’Étoile du Nord pour discuter sous nos articles avec nos journalistes et les membres de la communauté. Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.