D’importantes coupes dans le Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI) du Canada sont entrées en vigueur le 1er mai. Le PFSI offre une couverture santé temporaire aux réfugiés et aux demandeurs d’asile, aux personnes protégées ou aux réfugiés réinstallés.
Les coupes au PFSI, annoncées en janvier 2026 par le gouvernement fédéral, impliquent une quote-part de 4 $ par ordonnance et le paiement par les patients de 30% des soins dentaires, ophtalmologiques et de santé mentale, ainsi que des soins de physiothérapie et des appareils fonctionnels.
Le 14 avril, le Migrant Rights Network a mobilisé des travailleurs migrants et des militants devant le bureau de la députée Hedy Fry, dans le centre-ville de Vancouver, pour protester contre ces coupes budgétaires. Médecin et présidente du Comité permanent fédéral de la santé, Mme Fry est une pièce maîtresse dans le processus de réduction de ce budget.
Présent à la manifestation, le médecin de famille Wynn Tran a déclaré: « Je pense qu’il est vraiment important, en tant que médecin, de reconnaître l’impact considérable que ça va avoir, non seulement sur la santé des réfugiés, mais aussi sur notre système de santé et sur la santé publique dans son ensemble. »
Byron Cruz, de Sanctuary Health and Migrant Rights Network, indique qu’ils ont récemment pris contact avec des infirmières et des médecins qui ont lancé une Journée nationale d’action pour mettre fin aux coupes dans l’accès aux soins de santé des demandeurs d’asile.
Cruz note que lorsque le gouvernement conservateur était au pouvoir, les coupes dans le PFSR ont entraîné un décès et en ont mis beaucoup d’autres en danger au sein de la communauté. Il affirme que la proposition du gouvernement libéral concernant la quote-part risque de causer un préjudice similaire à la communauté.
Cruz souligne que le Canada est responsable des réfugiés qu’il génère en vendant des armes au Golfe et à Israël. Il estime que le gouvernement canadien ne devrait pas provoquer de migrations forcées tout en limitant les libertés civiles et l’accès aux soins de santé des mêmes réfugiés qu’il pousse à quitter leur foyer, soulignant que les dépenses de santé ne sont « rien comparées aux dépenses d’aide militaire commettant un génocide ».

Molly Miller, assistante sociale à l’hôpital Lionsgate et à l’hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique, craint que ces coupes budgétaires n’entraînent des problèmes de santé à vie qui auraient facilement pu être évités grâce à des soins prodigués à temps:
« Ça nous fera pas économiser d’argent à long terme. Le gouvernement fédéral réalisera peut-être de petites économies à court terme, mais à long terme, les gens devront se rendre à l’hôpital parce qu’ils tomberont de plus en plus malades sans prendre leurs médicaments. »
Sur son site web, le Migrants Rights Network souligne que la politique libérale de participation aux frais ne fera que rediriger les coûts, voire les augmenter. L’argent n’est pas détourné des Canadiens vers les réfugiés. Au contraire, lorsque les réfugiés retardent leurs soins et finissent par être hospitalisés, les systèmes de santé provinciaux sont engorgés et encourent des coûts excessifs.
Cruz souligne que les coupes dans le PFSI s’inscrivent dans une tendance de longue date à l’austérité dans le domaine des soins de santé:
« Le gouvernement néolibéral met en œuvre cette privatisation depuis de nombreuses années. Il n’a pas investi dans le système de santé depuis de nombreuses années […] Il a abandonné les hôpitaux depuis de nombreuses années », a-t-il déclaré à l’Étoile du Nord.
Il affirme que les migrants et les réfugiés continueront à faire preuve de créativité pour mettre en place leurs propres modèles de soins de santé à travers des projets tels que les cliniques communautaires:
« Nous avons récemment lancé des consultations cliniques dans la communauté, une fois par mois, où nous recevons des personnes quel que soit leur statut d’immigration, puis nous allons progressivement nous développer avec le soutien d’infirmières, de médecins, de travailleurs sociaux et d’alliés au sein de la communauté, mais c’est la communauté qui sera à la tête de ce projet. »


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