Mille travailleurs de l’acier seront mis à pied chez Algoma Steel, à Sault Ste. Marie, en Ontario, après que l’entreprise ainsi que les gouvernements fédéral et provincial aient refusé d’agir pour les protéger.
Le 1er décembre, Algoma a annoncé qu’elle mettra à pied plus du tiers de ses employés. C’est la deuxième vague de mises à pied cette année. Après l’imposition de tarifs américains sur l’acier canadien au début de 2025, Algoma s’était jointe aux entreprises Metal Processing Group et ArcelorMittal dans leur vague de licenciements.
Peu après avoir annoncé les mises à pied, le PDG Michael Garcia a déclaré par communiqué que « la stabilité et le bien-être [des travailleurs] demeurent au cœur de nos préoccupations ». Le communiqué ne contenait toutefois aucun engagement concret pour aider les travailleurs à atteindre cette stabilité. Le PDG d’Algoma a plutôt insisté sur les tarifs américains, tout en vantant, dans la même déclaration, les nouvelles technologies qui remplaceront ces travailleurs de l’acier.
Au cours des quatre dernières années, Algoma a reçu près d’un milliard de dollars en prêts gouvernementaux, dont la majorité provenait de la Corporation de financement d’urgence pour les grandes entreprises du Canada (CFUGE). La CFUGE affirme que ses prêts « protègent les emplois canadiens », mais ceux-ci ne comportent aucune obligation de création d’emplois ni de protection des travailleurs.

Interpellés au sujet des mises à pied et des prêts accordés, le premier ministre Mark Carney et le premier ministre de l’Ontario Doug Ford ont affirmé qu’ils étaient au courant des plans d’Algoma visant à réduire ses effectifs. Les médias traditionnels et plusieurs politiciens semblent pourtant surpris. Or, la partie du plan de Mark Carney du 16 juillet pour l’industrie de l’acier qui concerne les travailleurs met l’accent sur l’assurance-emploi et la requalification, plutôt que sur la protection des emplois dans le secteur.
La semaine dernière, à Brampton, en Ontario, le président du Conseil du Trésor du Canada, Shafqat Ali, a parlé à des travailleurs de l’acier de centaines de millions de dollars en prêts gouvernementaux destinés aux industries du bois et de l’acier. Comme Mark Carney, il n’a pris aucun engagement pour empêcher les mises à pied ni pour tenir les entreprises responsables lorsqu’elles abandonnent leurs travailleurs.
La majorité des travailleurs d’Algoma sont représentés par les sections locales 2251 et 2724 des Métallos (USW). Depuis des mois, le syndicat réclame des engagements clairs de l’industrie et des gouvernements pour protéger les travailleurs. Aucune de leurs demandes, à l’exception de hausses de l’assurance-emploi et de programmes de partage du travail, n’a été mise en œuvre, y compris celle visant à inclure les travailleurs dans le processus de demande de prêts.

« Lorsque Algoma s’est tournée vers le gouvernement pour obtenir ce financement massif, les travailleurs, leur syndicat et la communauté ont été exclus du processus. On leur a refusé un rôle réel qui leur aurait permis d’exiger de la transparence, de la reddition de comptes et un programme de réduction progressive des effectifs », a déclaré le directeur national des Métallos, Marty Warren.
Depuis l’annonce d’Algoma, le syndicat tente d’aider les travailleurs mis à pied en offrant du soutien à la recherche d’emploi et d’autres formes d’accompagnement. Le 15 décembre, les Métallos, en collaboration avec la CSTEC (coalition canadienne de formation et d’emploi de l’Ontario), lanceront le Steelworker Power Action Centre.
Bien que financés par le gouvernement, les services du centre seront gérés et offerts par le syndicat. À la suite d’une rencontre avec Algoma et les Métallos, la ministre fédérale de l’Industrie, Mélanie Joly, a indiqué qu’environ la moitié des travailleurs mis à pied pourraient retrouver leur emploi si l’entreprise recevait de nouveaux prêts gouvernementaux. La ministre n’a toutefois pris aucun engagement en ce sens.
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[…] a également été touchée par les droits de douane cette année. Algoma Steel a licencié 1 000 travailleurs rien qu’en décembre. Le gouvernement fédéral prévoyait de sauver […]
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