550 travailleurs en grève

Des employés des entrepôts de Métro font grève après une offre « insultante »

Le 30 mars, 550 employés des entrepôts et des bureaux de Metro à Laval ont voté à 97% en faveur de la grève, en réaction à une offre de convention collective jugée inacceptable de la part de l’entreprise. Le 9 avril, 450 travailleurs se sont rassemblés devant un magasin de Métro pour faire sentir leur présence.

Au cours des six dernières années, les grandes chaînes d’épiceries ont vu leurs chiffres d’affaires gonfler, exploitant et prolongeant la crise inflationniste qui a suivi la pandémie de COVID-19 sans faire de bruit. Pendant ce temps, les Canadiens serraient la ceinture pour couvrir leurs besoins essentiels, tandis que les travailleurs continuaient à faire face à des difficiles et précaires. 

Le groupe Métro, pour sa part, a enregistré une hausse de 39% de ses profits et une augmentation de 56%¹ des versements à ses actionnaires sur cette période. À la fin mars, Métro a présenté aux travailleurs de son centre de distribution à Laval leur part de six ans de croissance record: une augmentation de 11%, payable sur les six prochaines années.

L’Étoile du Nord s’est entretenu avec Ghislain Giroux, un délégué syndical et commis d’entrepôt, au sujet de la réaction initiale des travailleurs à l’annonce:

« L’offre, c’est vraiment insultant. C’est inapproprié comme offre, d’autant plus que c’est des pinottes pour nous autres. C’est des pinottes comparé à leurs salaires. » 

« Même la personne la plus calme, à l’habitude, est fâchée. Tout le monde est fâché—c’est beau comme mot, mais je veux pas dire en tabarnak—même qu’en quittant, il y en a qui pétaient des poubelles. On n’a pas brisé le stock. Le mot d’ordre, c’était: on s’attaque pas à la nourriture, parce qu’on s’entend qu’il y a de la famine au Québec, aussi. »

L’offre a été rejetée à une écrasante majorité. Des 550 travailleurs concernés, dont les employés d’entrepôt et les chauffeurs à Laval, les chauffeurs à l’entrepôt Mérite 1 à Rivière-des-Prairies, et les employés de bureau au siège social, 97% ont voté contre la proposition. 

La grève a débuté le 30 mars et se poursuit avec des piquets de grève en continu à l’entrepôt de Laval. Selon Giroux, le mépris au fond de celle-ci a largement renforcé la détermination des travailleurs à tenir bon:

« Ça serait dur pour Metro de prêcher par l’exemple quand ils se votent des salaires de fous. Quand ils se donnent des augmentations, c’est juste un 600 000 $ de plus. Six cent mille! Pis ça fait vingt ans qu’il est PDG, Éric Laflèche. Un moment donné, c’est rire un peu de nous autres, quand ils nous offrent trois pourcent sur la première année. C’est nous cracher dans la face. »

Les grèves récentes chez Air Canada et la STM, entre autres, ont montré comment les employeurs utilisent les perturbations d’approvisionnement pour dresser le public contre la grève. Interrogé sur la possibilité que Métro tente le même coup contre les travailleurs de Laval et Rivière-des-Prairies, Ghislain a partagé son avis:

« Il ne faut pas niveler par le bas. Il faut toujours monter la barre devant le capitalisme, parce qu’on va se faire manger la laine sur le dos. C’est la société qui est prise en otage par toute l’, de tout. C’est l’inflation dans tous les cadres de métier, et ce n’est pas juste nous autres. C’est pour ça qu’à 550 personnes, on veut passer le message pour la société au complet aussi. »

Pour les travailleurs, il ajoute, l’action du 9 avril n’est que le début. Les moyens de pression pourraient s’intensifier dans les semaines à venir si le syndicat n’obtient pas gain de cause, notamment sur le rattrapage salarial.

« Le des années 80, c’est plus la norme à c’t’heure. Mais il faut le ramener un peu, des fois. »

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