, Peine de mort pour les prisonniers palestiniens en Israël

Les libéraux contre les exécutions israéliennes… mais pour le génocide?

La ministre canadienne des Affaires étrangères a dénoncé une nouvelle loi israélienne qui permet d’exécuter des palestiniens. Ottawa affirme soutenir les droits humains des Palestiniens, mais maintient des politiques qui appuient l’occupation israélienne et criminalisent la solidarité avec la résistance palestinienne.

La loi « Peine de mort pour les terroristes » a été adoptée en troisième lecture à la Knesset israélienne le 30 mars. Elle prévoit que des Palestiniens de Cisjordanie reconnus coupables d’« actes terroristes mortels » par des tribunaux militaires soient pendus dans les 90 jours suivant leur condamnation.

La loi israélienne définit ces actes comme le fait de « causer intentionnellement la mort d’une personne dans le but de nier l’existence de l’État d’ ». Le droit de résister à une occupation étrangère et à une domination coloniale est pourtant reconnu en droit depuis 1982.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, la ministre des Affaires étrangères Anita Anand a déclaré : « Le Canada s’oppose sans équivoque à son application. Nous réaffirmons notre engagement envers les droits de la personne et le mouvement mondial pour l’abolition de la peine de mort. »

Malgré ces déclarations, le gouvernement canadien a inscrit sur sa liste d’entités terroristes le principal réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens au pays. Samidoun, qui soutient les droits et les conditions de détention des prisonniers palestiniens à l’échelle mondiale, a été désigné « entité terroriste mondiale » par le Canada en 2024.

Quelques jours après l’adoption de la loi, des centaines de personnes se sont rassemblées devant la Vancouver Art Gallery, le vendredi 3 avril. Résidents et intervenants d’organisations locales ont dénoncé la loi et critiqué l’inaction du gouvernement canadien face à l’escalade des attaques israéliennes.

Stephanie, thérapeute pour enfants à la retraite, présente à la manifestation, n’a pas été convaincue par les propos de la ministre.

« Quels droits humains? On parle de droits humains en plein génocide, qui est en cours? Notre gouvernement est hypocrite et complice de ce génocide, et ça continue. »

Au fédéral, les députés ont récemment rejeté un projet de loi visant à limiter le transfert de composantes d’armes canadiennes vers l’armée israélienne via les États-Unis. Le projet de loi C-233, surnommé « No More Loopholes Act », visait simplement à aligner le Canada sur le Traité sur le commerce des armes. Il a été défait par 295 voix contre 22 en deuxième lecture, le 11 mars.

Nadia Jarrar, de la Canada Association, a qualifié la nouvelle loi de « meurtre déguisé en procédure parlementaire ». Selon elle, la légalisation de la peine de mort pour les Palestiniens ne fait que formaliser des pratiques déjà en place, comme les exécutions extrajudiciaires de prisonniers, souvent au cœur du mouvement de résistance.

Elle a aussi pointé la politique de sanctions du Canada :

« Le même Canada qui refuse de sanctionner l’entité sioniste pour son génocide sanctionne les forces de résistance au Liban, en Iran et au Yémen. Le Canada sanctionne ceux qui défendent les opprimés, tout en refusant de sanctionner l’oppresseur. C’est de l’impérialisme avec une feuille d’érable sur ses bottes. »

Sur le rôle des institutions internationales, elle a ajouté :

« Ces institutions n’existent pas pour protéger les opprimés, mais pour légitimer l’oppresseur. Elles sont le gant de velours qui cache le poing de fer de l’empire. »

Alors que le Parlement canadien refuse de respecter le Traité sur le commerce des armes, la BC Teachers’ Federation a adopté une position claire. Lors de son assemblée générale, elle a voté en faveur du mouvement BDS, et un de ses membres a pris la parole lors du rassemblement pour dénoncer la loi sur les exécutions.

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