Le matin du 1er mai, un groupe d’employés municipaux de Montréal et de militants syndicaux a bloqué l’entrée d’un terminal ferroviaire du CN dans le quartier industriel de Ville Saint-Laurent.
Vers 9h, une trentaine d’employés municipaux manuels s’est rassemblé au terminal avec des militants de l’Alliance Ouvrière et des étudiants du Cégep de Saint-Laurent situé à proximité. Pendant près d’une heure, ils ont empêché les camions d’entrer et de sortir.
Cette action s’inscrit dans le cadre d’une campagne plus large de pressions menée par les employés municipaux, qui sont représentés par la section locale 301 du SCFP. La syndicat est sans convention collective depuis fin décembre 2024, et les membres du syndicat affirment que la Ville fait traîner les négociations.
L’Étoile du Nord s’est entretenue avec Simon Biard, délégué de la section locale 301, qui a expliqué les raisons de l’action de vendredi.
« Dans le fond, ça visait directement le flux des capitaux. Si tout ce qu’on nous propose de l’autre côté du spectre c’est l’appauvrissement de nos membres, des travailleurs, bien, on doit répliquer par des méthodes qui visent directement à l’agenda des patrons, c’est-à-dire le cash. »

La présence d’étudiants du Cégep de Saint-Laurent a été saluée par les travailleurs. Simon Biard a été encouragé par leur présence, sans pour autant être surpris :
« Des partenariats comme ça, ça va juste de soi. La dernière fois, ça remonte à il y a peut-être trois semaines, on était allés prêter main-forte aussi aux cégepiens, puis aux camarades d’Alliance ouvrière sur le piquet de grève de Saint-Laurent. Fait que là, c’est une super marque de solidarité aussi. »
Biard affirme que le choix de la date de l’action, la Journée internationale des travailleurs, n’était pas une coïncidence.
« On trouvait important de rappeler dans la mémoire aussi que cette journée-là, c’est une journée de résistance. Ce n’est pas une journée de fête comme on l’appelle trop souvent par erreur. C’est une journée de lutte. »

Compte tenu de la montée de la militarisation et de l’offensive croissante de l’État contre les travailleurs, Biard a appelé le mouvement syndical à adopter une posture plus combative :
« Il faut se réapproprier un objectif qui serait atteignable, à mon avis, pour les prochaines années, ce serait de se réapproprier la grève sociale, la grève politique, peut-être avec des objectifs un peu plus modestes comme le 1er mai. On a raté une opportunité incroyable cette année. Les centrales syndicales ont raté une opportunité en or. […] Juste de faire une câlisse de journée de grève sociale le 1er mai, à un moment où les droits des travailleurs et des immigrants sont attaqués comme jamais depuis 50 ans. Quel manque de courage flagrant! »


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