Répression contre le militantisme anti-génocide

Accusé de « terrorisme » pour son support à la Palestine

Le Service de police de (TPS) a arrêté et accusé, par l’entremise de son unité des crimes haineux, Ahmad Hassan Hajahmad de « participation ou contribution aux activités d’un groupe terroriste »—soit le Hamas. Dans son communiqué, le TPS a indiqué que Hajahmad faisait l’objet d’une enquête depuis plus de deux ans en raison de sa participation à un rassemblement de solidarité avec la Palestine contre le génocide à Gaza perpétré par

« M. Hajahmad est présumé innocent et n’a aucun lien avec le Hamas ou tout autre groupe étranger. Il fait face à une seule accusation découlant du fait d’avoir pris la parole lors de manifestations publiques », explique Mohamed El Rashidy, avocat de Hajahmad.

« Aucune violence, aucune arme, personne n’a été blessé. Prendre la parole dans une manifestation au sujet du massacre de civils est une expression protégée, pas du terrorisme. La police a dit aux médias qu’il incitait à la haine et faisait du mal, mais ce n’est pas ce dont il est accusé. Nous allons examiner attentivement comment et pourquoi cette affaire a été montée, et nous sommes confiants qu’elle ne tiendra pas la route au regard de la loi. »

Le TPS a collaboré avec l’Équipe intégrée de la sécurité nationale (EISN) de la GRC, le groupe de travail chargé d’enquêter sur la sécurité nationale, le terrorisme et l’ingérence étrangère. Dans le communiqué du TPS, le chef Myron Demkiw affirme l’engagement de la police à cibler les militants : 

« Les enquêtes sur les infractions criminelles commises lors de manifestations ne prennent pas fin lorsque l’événement est terminé. À mesure que cette enquête progressait, nous avons travaillé étroitement avec nos partenaires de l’EISN pour porter l’accusation de terrorisme justifiée par l’enquête. Ces enquêtes complexes soulignent l’importance de continuer à renforcer notre Unité de sécurité antiterroriste afin que nous puissions détecter et enquêter sur les menaces évolutives à la sécurité publique. Nous continuerons de tenir responsables ceux qui enfreignent la loi, peu importe le temps que cela prend. » 

En effet, le TPS a fait du ciblage des militants pro-Palestine un mandat officiel dans le cadre du Projet Resolute—un projet lancé à la demande de la PDG d’Indigo, Heather Reisman. Il y a près d’un an, l’organisateur syndical Tynan Leibert a été reconnu coupable dans un tribunal torontois pour sa solidarité avec la Palestine. 

Voici la déclaration complète de l’avocat de Hajahmad, le cabinet Rashidy & Associates :

Soyons clairs sur ce que n’est pas cette affaire. La police a dit aux médias que M. Hajahmad « prônait la détestation et le mal » contre des membres des communautés israélienne et juive, mais ce n’est pas ce dont il est accusé. Il n’est pas accusé de promotion de la haine, ni d’aucune infraction haineuse. Il n’est pas accusé d’avoir commis un acte de violence. Il n’est pas allégué qu’il ait possédé une arme. Il n’est pas accusé d’avoir agi au nom, sous la direction, ou en contact avec une organisation. Aucune personne n’est alléguée avoir été blessée. Le public devrait se demander pourquoi la police décrit dans les médias une affaire qu’elle n’a pas portée devant les tribunaux. M. Hajahmad n’a aucun lien avec le Hamas ou tout autre groupe étranger. La seule accusation concerne sa participation à des manifestations publiques à Toronto au sujet du conflit au Moyen-Orient.

M. Hajahmad a assisté à ces manifestations et y a pris la parole parce que, comme bien des gens dans ce pays et à travers le monde, il a été bouleversé par ce qu’il voyait arriver aux civils, particulièrement aux enfants, dans un conflit que le monde entier observe en temps réel. Dénoncer le massacre de masse de civils innocents n’est pas du terrorisme. Condamner ce que l’on croit être de graves violations des et du droit n’est pas du terrorisme. C’est une expression politique des plus fondamentales, protégée par la Charte canadienne des droits et libertés, et c’est ce que les gens de conscience ont toujours fait. Il croit avoir été témoin d’atrocités, non pas d’avoir commis un crime, et un pays libre devrait être capable de faire la différence.

Le public est donc en droit de se demander : depuis quand dénoncer le massacre de civils lors d’une manifestation pacifique est-il devenu une infraction terroriste? Où se situe la ligne entre la conscience et la , et qui a décidé de la tracer ici? Qu’est-ce que cela signifie pour chaque Canadien qui manifeste et prend la parole, si cette ligne reste à l’endroit où elle se trouve maintenant?

Ce sont des questions qui appartiennent à une salle d’audience, pour être tranchées sur la base de la preuve et de la loi, non sur les réseaux sociaux, et non par des comptes anonymes. Nous entendons examiner attentivement comment et pourquoi cette affaire a été montée. Nous sommes confiants que, une fois mesurée à l’aune de la loi, la présomption d’innocence sera confirmée.

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